Interview de Carine LARCHET- Responsable Atelier maquillage correcteur La Roche Posay

Catégorie : Cure thermale

Interview de Carine LARCHET
Responsable Atelier maquillage correcteur Aqualibre
PAVILLON ROSE – Centre Thermal La Roche Posay

« Il y a toujours quelque chose de joli dans un visage, à nous de le révéler… avec simplicité et naturel en respectant leur fragilité cutanée et psychologique.»

  1. Quel est votre rôle au sein du Centre de cure Thermale La Roche Posay ? 

Notre mission est d améliorer la qualité de vie des curistes souffrant de lésions affichantes de types vasculaires, pigmentaires, cicatricielles ou de toxicités cutanées avec une prise en charge de l’image par le maquillage correcteur.
Nous offrons notre regard bienveillant, afin de permettre aux personnes qui le désirent dans le cadre de la cure,  de se réconcilier avec leur visage ou leur corps altérés.
Leur permettre dans leur parcours chaotique une parenthèse enchantée, leur redonner goût à la vie en reprenant le goût de soi.
En quelques mots les aider à se sourire de nouveau …. parfois cela ne tient qu’à un mascara  qui révèle un regard que l’on ne voyait plus, ou à un rouge à lèvres venu aider à sourire….

Pour cela nous organisons des rendez vous individuels d’une heure environ pendant lesquels nous proposons des remises en valeur avec des techniques de maquillage, des astuces et des conseils  adaptés aux peau lésées en utilisant les produits de dermo-cosmétiques La Roche Posay soins et maquillage respectant parfaitement l’innocuité cutanée.

Ce rendez vous doit encourager à l’auto-maquillage afin de s’approprier toutes les techniques pour un rituel de beauté quotidien avec simplicité, rapidité et efficacité en limitant le coût des achats, la maladie pouvant marginaliser financièrement. A l’issue de ce rendez vous, on remet une fiche beauté à la patiente où toutes les étapes et les produits utilisés sont récapitulés.

Ces rendez vous sont assurés du mardi au vendredi  par Sabine qui exerce à l’atelier depuis plus d’une dizaine d années.

Pour ma part, je me rends à l’atelier tous les 15 jours afin d’y assurer des conférences auprès des curistes. Cette conférence je l’articule autour 3 axes :

  • Notion de bienveillance, le point de départ dans la mise en valeur. Comment aider à la revalorisation (rôle de la lumière, d’un miroir adapté…)
  • Notion de cosmétiques. Reconnaitre et identifier ses  besoins, utiliser ce qui convient. Différence entre la cosmétique, le bio, le naturel et la dermo-cosmétique.
  • Démonstration d’une mise en beauté sur modèle volontaire.

 

  1. Quelle formation et parcours avez vous suivi?

Mon parcours est assez atypique, après un passage éclair en fac de psychologie, je me suis orientée vers un BTS Esthétique/cosmétique puis spécialisée en maquillage professionnel.

C’est lors de cette formation que j’ai été sensibilisée au maquillage correcteur par un de mes formateurs Alain Bartélémy à l’origine de l’atelier de maquillage correcteur sur la Station thermale de La Roche Posay en 1983. Ce n’est que 14 ans plus tard en 2011 que je rejoins ponctuellement l’association de soins de supports Aqualibre sur cette même station thermale succédant ainsi à Monique Buisson Sanas à l’atelier de maquillage correcteur, unissant mon savoir-faire à celui de ma collègue Sabine Breysse .

Parallèlement je continue ma vie d électron  libre en m’investissant dans de nombreux  projet, et ma vie de maquilleuse pro,  trouvant  ainsi mon parfait équilibre.

 

  1. Comment décririez vous ce qu’apporte le maquillage correcteur aux patientes dans l’après cancer ?

Aujourd’hui dans leur parcours thérapeutique grand nombre de curistes ont été accompagnés par des socio-esthéticiennes  hospitalières ou par des associations.

Nous voyons tout de suite celles et ceux qui ont eu la chance de les rencontrer. Ces curistes en suites de cancer nous rapportent  volontiers l’importance de ces moments de douceur au travers de la souffrance physique et psychologique. Ô combien ces patients ont souvent pu supporter l’insupportable parce qu’on leur avait prodigué de bons conseils pour repousser les effets secondaires liés aux traitements. Mais nous voyons aussi les personnes qui ont manqué d’accompagnement et qui perdent pieds dans l’après traitement.

Le constant est toujours très dur après la fin des traitements, toutes manifestent  cette sensation d’abandon lorsque la fin du protocole de soin est amorcée. Le vide sidéral sans transition disent-elles  entre le sur-médicalisé liés aux impératifs des traitements…. et la reprise  brutale d’un semblant de vie normale.

Le visage et le corps affichent les stigmates accablant de la maladie et de son traitement… que beaucoup mettent au second plan pendant les traitements, l’objectif étant de lutter tout d’abord contre  la maladie… Hélas la réalité les rattrape devant le miroir… un visage et un corps qui ne leur appartient plus…. un front devenu trop grand, des yeux qui ont perdu leur lumière….

Notre atelier trouve sa noblesse dans l’humilité que nous impose la souffrance….ici pas question de relooking, de contouring, de camouflage à outrance pas question de jouer avec la dignité de personnes blessées et de les transformer en cire du musée Grévin… le naturel aujourd’hui peut trouver sa place même dans la correction.

Ce que trouvent les patientes chez nous ce sont des choses simples et pourtant si rares parfois  « la bienveillance du regard »… de notre regard… afin de répondre à leur besoins et désirs de correction bien sûr mais surtout de les aider à voir ce qu’elles ne voient plus…. il y a toujours quelque chose de joli dans un visage, à nous de le révéler… avec simplicité et naturel en respectant leur fragilité cutanée et psychologique. Les aider à reprendre goût à la vie optimisant ainsi le moral et l’envie de se projeter à nouveau dans la leur.

 

  1. En quoi le cadre de travail – nouvel atelier, au sein du Pavillon rose et son salon de thé- favorise aussi le bien être des patientes ?

La magnifique rénovation du pavillon rose à généré une incroyable énergie positive… ce lieu en plus d être accueillant, cosy, bénéficiant d’un environnement des plus enchanteurs, a un rôle fédérateur. En effet ici tout le monde peut se retrouver autour d un thé ou café, se ressourcer dans le calme ou au contraire chercher l’échange avec d’autres curistes mais pas que… en effet ce lieu s’il est un lieu de rencontres privilégiées des curistes, dont les indications de cures sont aussi riches que variées (dermatologies, séquelles de brûlures, suites de cancer ou post bariatrique) il est aussi un lieu de passages de touristes, de curieux des  lieux.

Il n était pas question de ghettoïser ce magnifique endroit, renforçant  ainsi la barrière entre les  curistes et non curistes, malades, ex-malades ou non malades… Ce pavillon est devenu un vrai lieu de vie,  d’échanges et de partages

Ce lieu en plus de faciliter l’accès aux services  d’Aqualibre dans un seul et unique lieu, a quelque chose de magique par ce qu’il insuffle de positif. Il s’y passe vraiment quelque chose de particulier… il offre la sérénité après la tempête… Le pavillon  Rose est aux couleurs d un « Après » à nouveau possible et doux.

Il n est pas rare que nous entendions  à l’atelier de maquillage malgré les épreuves douloureuses de chacun et chacune, une curiste nous dire….finalement j ai de la chance, la maladie m’aura fait prendre conscience du précieux de ma vie… et qu’il est « temps  » que je prenne  le « temps » de me porter  l’attention que je mérite…

Toute notre victoire…!

www.pavillonrose-larocheposay.fr
www.thermes-larocheposay.fr

 

 

 

Article publié le 18/10/2017
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