Prise en charge psychosomatique du psoriasis pendant la cure thermale.

Catégorie : Cure thermale

Joël Pacoret :

Pourquoi ?
«C’est psychosomatique» est une phrase que le psoriazique entend trop souvent comme «c’est de votre faute si vous ne guérissez pas». Cette idée verrouille toute possibilité de penser parce que la culpabilité se double d’incompréhension. Vaguement inquiet, le malade recherche une cause interne à une maladie qui résiste au traitement médical. Et comme il ne la trouve pas, il reste dans un sentiment d’avoir été rejeté plus ou moins violemment.
En effet, avec le psoriasis, la peau devient synonyme de problème psychologique. On développe une psychologie chargée de sentiments négatifs, liée à la contrainte des traitements, des démangeaisons et des squames éventuels. Ce vécu est associé à l’environnement socio-professionnel et affectif. On sait que ce va gratter, que ça va coller que ça va désquamer dans des situations tous les jours. C’est l’effet somatopsychique négatif : la maladie atteint le moral du malade.
L’effet de la cure sur la peau et le moral va permettre au patient de sortir de ces blocages.

Comment ?
Après avoir constaté un besoin de la peau, on prend la décision de venir en cure. C’est le premier pas de la prise en charge psychologique du psoriasis par le patient lui-même. “Je vais aller trois semaine traiter ma peau, je la réinvestis”. Trois semaines de rupture avec le rythme du quotidien, l’activité professionnelle formeront une parenthèse. Changement de lieu, d’environnement, comme des vacances mais motivées par l’idée d’être bien dans sa peau. La cure sera une rupture bénéfique, a minima, sur le plan des inconforts quotidiens de la maladie. L’amélioration de la peau permet une amélioration psychologique. En effet, la cure thermale c’est aussi prendre un temps pour soi.

Réparer la peau.
On se retrouve entre soi, on rencontre d’autres patients psoriaziques alors qu’on était souvent isolé. Une communauté rassurante, où l’identique remplace la différence habituelle. Cela consolide de rencontrer d’autres situations similaires, d’échanger des expériences, des trucs, des anecdotes.
La présence d’un personnel bienveillant, formé au regard, au toucher, habitué aux multiples aspects des pathologies dermatologiques est reposante. Il est apaisant de ne pas être l’objet de questions et de relativiser l’importance des lésions que l’on a.
La consultation dermatologique, ici, n’est pas une consultation épisodique comme d’habitude. Des liens se développent en trois semaines, humanisant la relation habituelle soignant-soigné. On rencontrera plus de 20 fois le médecin en trois semaines.
Le bain, les pulvérisation et la douche filiforme sont des temps de réparation de la peau. Le patient  va prendre soin de la peau qui le malmène toute l’année. Hydratée, assouplie elle est déjà moins difficile à supporter. Elle est moins mal vécue, moins source de ressenti négatif, moins désagréable. L’effet du contact de l’eau pulvérisée et le plaisir du bain s’ajoutent à l’effet relaxant sur les tensions habituelles. La relation que l’on a à sa peau se modifie.
Le blanchiement de la peau, surtout si les lésions sont exposées à la vue sera psychologiquement très positif, permettra de retrouver un sentiment agréable. Dans certains cas, l’atelier de maquillage correcteur apportera une aide à la réhabilitation de l’image de soi de manière pratique : apprendre les gestes pour appliquer soi-même un maquillage qui camoufle les lésions et les rougeurs.
La fenêtre thérapeutique ou l’allègement des traitements locaux soulagent le patient en le libérant d’une attention permanente qu’il devait accorder à sa peau. La diminution des démangeaison qui dérangent le sommeil ou gênent en société rendront le psoriasis plus silencieux pour le patient lui-même et pour les autres. L’amélioration de la peau contribue à l’amélioration du moral et de la qualité de vie du patient : c’est l’effet somatopsychique positif. Ces conditions sont propices à un temps de parole.

Ecoute psychosomatique.
Ecouter le patient parler de sa maladie est le but de la consultation psychologique proposée par Aqualibre. Il existe autant de raisons d’avoir recours à un psychologue que de situations individuelles. On peut cependant se limiter à deux axes :
expression de la souffrance liée à la maladie
compréhension de l’éventuelle influence des émotions dans l’évolution : l’effet psychosomatique.

Pourquoi exprimer la souffrance liée à la maladie au lieu de la garder pour soi ?
Parce que l’analyse détaillée du vécu de la maladie en resitue la place dans «ce qui ne va pas». Parler des contraintes du psoriasis avec un professionnel de l’écoute permet de faire la part des choses entre ce qui lui est directement lié et ce qui ne l’est pas. D’autres causes d’insatisfaction, d’autres conflits, d’autres «soucis» peuvent s’ajouter au mal-vivre avec un psoriasis. Faire la part de choses améliore le rapport du patient à son symptôme qui était chargé de tous les maux.

Pourquoi comprendre les facteurs psychologiques qui influencent l’évolution de la maladie ?
Parce que c’est donner un sens individuel à psychosomatique : comprendre quelles situations, quelles émotions, quels éventuels traumatismes peuvent influencer l’évolution du psoriasis permet de proposer des pistes de traitement, de prise en charge, de changement psychique. Les exemples ne manquent pas de circonstances déclenchantes plus ou moins claires, de situations de «stress» qui aggravent une poussée. Evaluer la problématique individuelle permettra de donner un conseil. Du simple yoga en groupe à la psychothérapie individuelle en passant par la relaxation ou la sophrologie.
Le parcours du curiste, les étapes des soins et leurs compléments favorisent donc une prise de conscience, un “état des lieux” de la personne et pas seulement du psoriasis. L’amélioration psychique et somatique vécue pendant la cure indique au malade une possibilité de changement dans l’évolution de sa maladie. Cette approche psychosmomatique pluriprofessionnelle est spécifique de la cure thermale. Elle amène le patient objet des soins à être sujet, acteur des moyens de son traitement.

www.joel-pacoret.fr

 

Article publié le 16/11/2011
Commentaires

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  • franci dit :

    Pourquoi n’avons nous pas de station thermale au Québec canada pour le soins du psoriasis,certes noua avons des produits mais pas vraiment de thalassothérapie.
    Ce qui nous aideraient grandement surtout en crise.Est-ce nos gouvernements, ou est-ce que cela serait trop difficile a gérer.
    Merci beaucoup et suis avec vous de tout coeur, avec les récents évènenements.

  • clesrel dit :

    Bonjour,

    Merci pour votre soutien. La cure thermale La Roche Posay doit son efficacité à son eau thermale. Cette eau est puisée à La Roche Posay même à des profondeurs de 30 à 80m sur un périmétre de captage protégé.
    Sa composition minérale lui confère des propriétés dermatologiques anti-inflammatoire, cicatrisante et apaisante. C’est une eau unique, aux vertus thérapeutiques indéniables pour soigner les maladies de peau (eczéma, psoriasis, séquelles cicatricielles de brûlure, suites cutanées de traitements contre le cancer…), grâce à sa teneur en silice et sélénium.
    Bien à vous